26 jan 2010
Réalité augmentée et essayage virtuel
Auteur: Jean-Yves FORT · Thème: Général |Interfaces |Tendances
En ce moment, on parle beaucoup de réalité augmentée et de ce que ce principe pourrait apporter au e-commerce, notamment dans le domaine de l’habillement ou de la décoration.
Le principe de l’essayage en réalité augmentée est simple : permettre à l’internaute de tester et manipuler un produit en le superposant à un environnement familier.
Il peut par exemple s’agir de coller un sticker sur le mur de son salon après avoir envoyé une photo chez le commerçant, de placer un meuble dans une pièce ou encore de superposer un vêtement sur son corps pour avoir une idée de son look avant de commander.
L’essayage/mannequin virtuel bis ?
Il y a quelques années sont apparues les premières applications de mannequins virtuels. Le principe là aussi est simple : on crée un avatar correspondant à ses mensurations et à son look, puis on place sur cet avatar les vêtements proposés pour mieux imaginer le résultat comme si on se trouvait dans la cabine d’un magasin.
Si le concept est intéressant, je n’ai jamais eu la patience d’aller jusqu’au bout, à commencer par le téléchargement d’applets java assez lourdes et l’installation de plugins supplémentaires d’éditeurs méconnus. Si l’on ajoute à cela le temps consacré à créer un compte, paramétrer un avatar et la pauvreté des collections proposées…
L’essayage virtuel via un avatar n’a jamais constitué un avantage concurrentiel (je ne sais pas où est passé celui de La Redoute, ci-dessus celui du portail Potoroze) et la technologie n’a pas réussi à créer un besoin indispensable côté consommateurs.
Les internautes sont-t-il prêts ?
D’un point de vie technique, je serais curieux de connaitre le taux d’équipement en webcams bien configurées quand la capture de l’environnement passe par ce moyen, ou le pourcentage d’internautes capables de prendre une photo correcte (bien cadrée, éclairée, répondant aux contraintes de l’outil) via leur appareil et d’uploader un fichier souvent immense.
Ensuite, le temps et l’investissement demandé par ce type d’application est déjà en soi un obstacle à leur adoption massive. A part les enfants, les ados ou des spécialistes du web, j’ai du mal à imaginer qui peut bien avoir du temps à consacrer à ce type d’application, si tenté que cela corresponde à un besoin auquel ne répond pas la photo produit sous toutes ses formes.
Et du côté des marchands ?
Du côté du marchand, les freins à une adoption massive se trouvent plus du côté du coût de la technologie elle-même et de la nécessité d’avoir des photos produits ou des modèles 3D adaptés pour les intégrer dans l’environnement de l’utilisateur.
Si la technologie donne des résultats satisfaisants, est-ce-que cela boostera suffisamment les taux de transformations pour espérer un retour sur investissement rapide notamment avec des rotations de collections fréquentes ?
J’ai tendance à penser qu’en empilant des technologies toujours plus sophistiquées, on sacrifie souvent sa marge et/ou son taux de transformation plus vite qu’on augmente ses ventes…
Notoriété, buzz & social shopping !
Pour une marque qui décide de faire sa promo sur Facebook, je vois bien l’intérêt de ce type d’application avec un choix limité d’articles. Plutôt que d’attendre patiemment que la base de fans grossisse naturellement, on pourra proposer un outil permettant de partager un essayage avec ses amis sur Facebook, via le site de l’enseigne mais aussi directement dans Facebook via une application.
Dans un cadre de recherche de notoriété (les médias adorent parler de ce type de service) ou de recrutement de membres via du marketing viral couplé à un réseau social ou un jeu concours, l’essayage « réalité augmentée » version 2010 trouvera peut-être sa voie, mais ce ne sera certainement pas chez tous les marchands.
Qu’en dites-vous ?
